Introduction. En 2016, la contraception orale (CO) était la méthode contraceptive la plus utilisée en France dans un contexte de parcours contraceptif stéréotypé. Il pouvait avec la norme sociétale participer à une insatisfaction corporelle. L’utilisation de contraceptifs hormonaux semblait influencer les préoccupations liées à l’image corpo-relle.Objectif. Explorer l’expérience des femmes avec une CO en termes d’image corporelle.Méthode. Approche phénoménologique pragmatique de Pierce par entretiens individuels ouverts autour des catégories de Peirce: priméité, secondéité et tierciété respectant les critères COREQ 32.Résultats. Treize entretiens ont été réalisés auprès de femmes sous CO ou ayant été sous CO. La construction de l’image corporelle était marquée dès l’adolescence par le désir de plaire, la norme de minceur et l’influence du regard des autres notamment via les réseaux sociaux. La CO apparaissait initialement comme une solution rassurante logique, voire normative, mais avec des réticences. L’expérience des femmes était influencée par les effets de la CO sur l’image corporelle. Les effets négatifs de la CO étaient associés à des sentiments de mal-être, culpabilité, perte de confiance et de contrôle de son corps et dans les relations jusqu’à la rupture. L’entou-rage et les soignants pouvaient contribuer à ces sentiments négatifs. Les effets positifs de la CO étaient asso-ciés à des sentiments de bien-être, de liberté et une maîtrise du corps et dans les relations jusqu’à une sexualité plus « débridée ».Conclusion. Explorer l’expérience corporelle des femmes sous CO peut permettre de mieux les comprendre et mieux les accompagner en intégrant systématiquement la dimension sexuelle lors des consultations de contra-ception et en évitant les attitudes de minimisation des effets ressentis par les femmes qui peuvent être violents et renforcer la responsabilité contraceptive féminine.