Contexte. Les tendinopathies font partie des troubles musculosquelettiques, qui représentent 12,6 % des consultations de médecine générale en France. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont largement prescrits dans cette indication. Plusieurs méta-analyses concernant leur forme topique ont été menées, en faveur de leur efficacité pour soulager certains troubles musculosquelettiques, avec cependant de faibles niveaux de qualité de preuves.Objectif. Évaluer l’efficacité des AINS topiques dans la prise en charge des tendinopathies.Méthodes. Une revue systématique de la littérature a été effectuée en recherchant dans les principales bases de données d’articles médicaux. Seuls les essais randomisés évaluant un AINS topique contre placebo dans le traitement des tendinopathies ont été inclus. Leur risque de biais a été évalué selon la méthode RoB2 (risk of bias 2). Le critère de jugement étudié était l’amélioration de la douleur au mouvement. Le niveau de preuve des ECR (essais cliniques randomisés) a été évalué selon la méthode REB (Rebuild the evidence base).Résultats. Quatre essais à faible risque de biais ont été inclus, portant sur quatre molécules. Les essais portant sur le diclofénac épolamine, le kétoprofène et l’acide niflumique étaient concluants pour la réduction de la douleur au mouvement. L’essai concernant le diclofénac seul n’était pas concluant concernant ce critère de jugement. L’évaluation de l’efficacité par la méthode REB conclut à un « résultat probant à confirmer » pour le diclofénac épolamine et l’acide niflumique, et à un « signal » à confirmer pour le kétoprofène. Elle conclut à l’absence de preuve pour le diclofénac seul, l’indométacine, le piroxicam et l’ibuprofène.Conclusion. Parmi tous les AINS topiques disponibles, seuls le diclofénac épolamine et l’acide niflumique ont une efficacité établie, avec un niveau de preuve suffisant. Ces résultats devraient être confirmés par un deuxième essai clinique randomisé à bas risque de biais.